- Vélo en ville : de plus en plus ?
Alors qu’à Genève il semble qu’il y ait un certain frémissement (secousse serait plus juste !) du nombre de cyclistes réguliers, avec une augmentation de 35% au cours des deux dernières années (à faire pâlir n’importe quel adepte de spéculation boursière ! : voir l’article de la Tribune de Genève du 31 mai 2007 [1] ), on serait bien en peine de confirmer de tels chiffres côté haut-savoyard.
Quelques efforts ont pu être constatés pour la réalisation de piste cyclables (à Annecy notamment), encore timides dans l’agglo annemassienne, mais globalement peu d’incitation à laisser la voiture de côté. Quand ce n’est pas un signal fort tout à fait à l’inverse : par exemple la toute récente suppression de places de parking pour vélos devant la bibliothèque municipale d’Annemasse en faveur... d’un parking à voitures ! (mauvais signal pour la culture... ou pour le vélo ?).
Les inconditionnels haut-savoyards de la petite reine ont pourtant l’impression que le nombre des usagers augmente, et, si on est optimiste, on pourrait y voir l’effet de la médiatisation de la question du réchauffement climatique, de l’augmentation des prix des carburants, de la prise de conscience des effets bénéfiques de l’activité physique sur la santé ou à l’inverse de celui néfaste des pics d’ozone réguliers sur une agglomération saturée de traffic automobile.
- Une nouvelle association dans l’agglo annemassienne :
Quelques citoyens soucieux de cette situation, plutôt que se lamenter sur l’air de "oui, mais qu’est-ce qu’on peut bien faire ?", ont décidé de s’associer pour faire bouger les choses à l’échelle de l’agglomération annemassienne (2C2A), qui est l’échelon le plus cohérent pour qui se déplace avec des moyens doux et non polluants.
Envie de voir moins de voitures, plus de pistes cyclables, plus de respect des piétons, cyclistes, personnes à mobilité réduite, envie d’avoir des transports en commun performants, l’aboutissement du CEVA, bref un cadre de vie plus agréable et respirable.
C’est ainsi qu’est née le 15 mai 2007 l’association BouЯgeons (avec un "Я" amovible qui nous incitera donc à Bouger !), voir un extrait des statuts [2]
Hugues, son président, montre l’exemple de fort belle façon avec probablement une sorte de record dans les déplacements professionnels "doux" : habitant le centre d’Annemasse, il se rend quotidiennement à Lausanne pour son travail en utilisant successivement : son vélo jusqu’à la gare Cornavin de Genève, le train jusqu’à Lausanne, puis à nouveau son vélo !
Pour contacter l’association, écrire à bourgeons.annemasse(@)yahoo.fr (enlevez les parenthèses dans l’adresse !).
Prochaine réunion : mardi 26 juin 2007 à Annemasse, MLK, 20h30.
[1] 35% de cyclistes en plus : on va manquer de places
Une pétition demande une forte augmentation de zones réservées aux cycles. Les « épaves » de vélos devraient aussi être enlevées plus souvent.
FRÉDÉRIC JULLIARD | 31 Mai 2007
Le chiffre est impressionnant : en deux ans, le nombre de cyclistes circulant en ville de Genève a augmenté de 35% ! Conclusion : la mobilité douce triomphe, la ville devient un vaste parc à vélos, et les petits oiseaux chantent ? Pas si vite, avertit l’association Pro Vélo (ex-ASPIC) : la progression est fulgurante, mais les infrastructures ne suivent pas. Les places de stationnement manquent, elles sont envahies par les scooters et mal équipées contre le vol. L’association lance une pétition pour réclamer une forte augmentation du nombre de places, si possible munies d’arceaux permettant d’attacher les vélos.
Pro Vélo propose aussi que les épaves, ces vélos abandonnés ou à moitié démontés par des voleurs, soient enlevées plus souvent.
L’explosion du nombre de cyclistes a été mesurée lors de comptages sur les ponts de Genève. Quelque 24 500 passages ont été enregistrés en un jour en 2005, contre 18 000 en 2003. Le prochain recensement aura lieu en juin. Même s’ils ne concernent que le centre-ville, ces chiffres montrent la nécessité d’une politique du vélo « plus dynamique et plus professionnelle », estime Delphine Klopfenstein, coordinatrice de Pro Vélo : « A la gare, il faudrait pratiquement doubler l’offre. Il faut aussi construire des arceaux plus serrés, pour empêcher les scooters d’occuper les places cyclistes. »
Pro Vélo demande une répression accrue des motos ou scooters utilisant les bandes cyclables : « Ils n’en ont pas le droit, contrairement à ce qu’on croit souvent. » L’association regrette par ailleurs que les itinéraires cyclables soient souvent discontinus, abandonnant les cyclistes au milieu de la route.
Il reste des places
Vit-on vraiment une crise du stationnement cycliste à Genève ? « Il y a beaucoup de places, même si elles ne sont pas toujours là où il faut », estime Claude Morel, « délégué vélo » au Service de la mobilité de la Ville. « En fait, on s’aperçoit que les cyclistes ne se déplacent pas volontiers pour se parquer. A Cornavin, il reste des places libres dans le passage des Grottes, mais les vélos s’entassent devant la gare... »
La Ville tente de mieux utiliser l’espace de parcage, explique Claude Morel : « Sur 15 mètres de parking, par exemple, on laisse 10 mètres aux scooters et aux motos, en créant dix cases de 1 m. Les 5 mètres restants sont destinés aux vélos, avec un arceau tous les mètres. Cette répartition permet de garer plus de vélos et de scooters, sans augmenter la surface. »
Concernant la gare, la Ville étudie la construction d’une vélostation, gardée et payante, à Montbrillant.
La Voirie planche aussi sur une amélioration du traitement des épaves. Quant aux bandes cyclables « par petits morceaux », Claude Morel défend l’approche municipale : « Un mètre de bande cyclable en plus, c’est toujours ça de gagné. Si on attendait chaque fois de pouvoir réaliser un axe entier, on ne ferait pas grand-chose. Les itinéraires cyclables augmentent de 3 à 5 km par an. »
La Journée du vélo a lieu ce samedi, dès 10 h, au parc des Bastions.
[2] Extrait des statuts de BouRgeons :
Cette association, à but non politique, a pour buts :
a) de promouvoir la mobilité douce (les déplacements urbains non motorisés), les transports en commun, le déplacement des personnes à mobilité réduite, ainsi que tout autre moyen permettant de réduire le trafic routier motorisé au sein de l’agglomération annemassienne et de ses voies d’accès,
b) d’inscrire son action dans une démarche conduisant à l’amélioration du cadre et de la qualité de vie par la réduction des pollutions de toute nature,
c) de représenter un interlocuteur vis à vis des autorités publiques locales, institutionnelles, associatives et privées mettant en lumière les problèmes existants ou à venir rencontrés dans notre cadre de vie - comme défini précédemment,
d) de participer à la proposition, la conception ou la réalisation, en collaboration avec les autorités compétentes, de toute opération destinée à atteindre les buts précités,
e) de mettre en œuvre tous les moyens permettant d’y parvenir, notamment en collaboration avec les autorités compétentes,
f) de mettre au point et /ou utiliser les méthodes, les supports de communication et les moyens les plus appropriés, d’effectuer à ce sujet les études, formations et recherches nécessaires et d’en assurer la diffusion et la promotion auprès de la population ainsi que des autorités compétentes.