Dans un article précédent, nous présentions le mouvement de protestation des travailleurs polonais sur la commune de Vetraz-Monthoux, qui jouxte Annemasse.
A première vue, ils sont toujours là : la porte de la cabane de chantier est fermée, mais sur les constructions, des ouvriers, des mots qui s’échangent en polonais ... Auraient-ils repris le travail ?
Et puis, finalement, je ne les reconnais pas : et pour cause, ce ne sont pas les mêmes : une nouvelle équipe de maçons polonais a repris le chantier !
Après quelques salutations très cordiales, il est difficile d’aller plus loin : d’abord, ils ne parlent pas français, ensuite, ils travaillent.
Renseignements pris, j’apprends que la première équipe de polonais est partie au début du week-end du 7 mai. C’est l’entrepreneur lui-même, le patron de Formix qui est venu les chercher. Difficile de savoir s’il a enfin payé ses ouvriers.
D’après un témoin, " il n’avait pas vraiment l’allure d’un entrepreneur " et l’histoire semble très louche : intermédiaires douteux, entreprise bidon (ou du moins entreprise de façade) qui aurait présenté de fausses attestations (sur l’ancienneté des ouvriers ainsi que sur leur qualification) ... Difficile de démêler quoi que ce soit pour l’instant, et l’on voit que, comme on pourrait logiquement s’y attendre, il est difficile pour un entrepreneur de maîtriser le recrutement quand on s’adresse à une entreprise à l’étranger ...
M. Portaz, le commanditaire des travaux, aurait donné une bonne rallonge pour que la société Formix se décide à bouger et à reprendre ses ouvriers, qui auraient commis quelques méfaits ( ??) (déprédations, vols de matériel ??)
Ceux-ci, pourtant très déterminés à rester en France, sont cependant tous repartis du chantier du lotissement "Le jardin des fleurs".
La nouvelle équipe de maçons polonais est à l’œuvre, pour environ un an. Espérons que ces ouvriers, certes beaucoup mieux payés qu’en Pologne (environ 1400 euros au lieu de 250 à 300 euros m’a-t-on dit), mais logeant dans des installations toujours aussi sommaires, auront la satisfaction de voir, eux, leur contrat respecté.
La question de l’harmonisation sociale au sein de la communauté économique de l’Europe est, plus que jamais, d’actualité, car le cas de figure présent à Annemasse risque de se développer rapidement. D’après l’avocat des polonais, il y a de plus en plus de litiges entre les donneurs d’ordre et les entreprises étrangères qui fournissent les ouvriers...
Un clin d’oeil
: que choisissez-vous ?

